TRIBUNE. David Cormand, Yannick Jadot et 7 candidats écologistes : « Climat : marcher, voter, (tout) changer »

Les écologistes David Cormand et Yannick Jadot, ainsi que 7 têtes de liste d’Europe-Ecologie-Les Verts pour les municipales, appellent « marcher, protester, inventer d’autres possibles » pour préserver la planète. Mais surtout, à « voter » pour « des dirigeants qui ont compris la nature et l’ampleur des enjeux ».

David Cormand, député européen (Verts/ALE), secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts et Yannick Jadot, député européen (Verts/ALE), co-signent un texte avec 7 têtes de listes écologistes pour les prochaines élections municipales, Stéphanie Baly et Stéphanie Bocquet (Lille), David Belliard (Paris), Grégory Doucet (Lyon), Julie Laernoes (Nantes), Sabrina Sbaihi (Ivry-sur-Seine) et Anne Vignot (Besançon). Ces militants appellent à entendre l’appel exprimé par les jeunes qui rejoignent la grève scolaire pour le climat et à agir contre le réchauffement de la planète, en changeant de responsables politiques.

Voici leur tribune : « Hier, nous marchions pour le climat avec des milliers de gens. Beaucoup de jeunes, ­rappelant aux adultes leur devoir – et l’urgence – d’agir. Nous avions à l’esprit les souvenirs de cet été, des derniers étés : les vagues de chaleur ­inédites, les incendies massifs, les images qui nous disent que le changement climatique est entré dans notre réalité. Plus besoin d’être ­climatologue pour s’effrayer des scénarios ­possibles, il suffit d’ouvrir les yeux.

Ce ne sont pas les discours qui freinent le réchauffement, ce sont les actes

Les nouvelles projections des scientifiques nous entraînent vers une hausse de la ­température mondiale de 6,5 à 7 °C en 2100. Les discours impeccables, qu’on entendra encore cette semaine en tribune des Nations unies, ne suffisent plus. Alors que les élections municipales approchent et que tous s’approprient l’eldorado de la communication climatique, nous voulons rappeler que ce ne sont pas les discours qui freinent le réchauffement, ce sont les actes. C’est par un changement déterminé et structurel de nos politiques publiques que nous saurons faire face au plus grand défi de notre siècle.

La prise de conscience est là, massive, sérieuse, exigeante. Un nouveau modèle de société émerge à côté du vieux modèle ­centralisé, obsédé par la rente, bâti sur l’offre et trusté par quelques géants qui se partagent le business.

Pour tout changer, il faut ­changer celles et ceux qui tiennent les commandes

Tout changer? Remettre les priorités dans le bon ordre, voilà le projet des écologistes. Laisser penser qu’on pourrait engager des politiques climatiques sérieuses en même temps que poursuivre les politiques « comme d’habitude  » n’est plus une erreur, c’est un mensonge. On ne préparera pas les villes au défi climatique en continuant de bétonner des espaces verts pour construire des zones commerciales, des routes ou des infrastructures obsolètes. On ne répondra à rien si l’on s’épuise à concilier ce qui ne peut radicalement pas l’être.

Pour tout changer, notre expérience des responsabilités nous l’a montré, il faut ­changer celles et ceux qui tiennent les commandes. Il faut marcher, protester, inventer d’autres possibles. Et pour les aider à s’épanouir, voter. Choisir des dirigeants qui ont compris la ­nature et l’ampleur des enjeux et sont préparés à y répondre. Il y a des décisions à prendre, à chaque niveau de l’action publique. Les solutions devront être construites ensemble. C’est tout un monde qu’il faut réinventer, par l’écologie. Nous sommes prêts. Nous n’avons pas la naïveté de penser que voter suffira. Mais nous savons à coup sûr que chaque portion de pouvoir conservée par les gardiens du « comme avant » équivaut à mille freins au changement, que chaque portion gagnée par les écologistes est un espace pour agir. Et il faut s’y atteler. Urgemment.

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